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Crise financière ou crise morale ?
Publié le 03-08-2009 dans Actualités
Chacun est responsable de la préservation de notre système, patrons comme salariés.

Telle est la question que l’on peut se poser à l’observation des relations sociales qui secouent le monde du travail tant on sent un décalage grandissant entre ceux qui se revendiquent du monde des ouvriers et des employés et les dirigeants industriels et financiers.

Dans une économie ouverte et libérale, les uns ont besoin des autres ; le rôle des institutions démocratiques étant de réguler les mécanismes de marché pour maintenir un équilibre protecteur du « contrat social ». En cela la démocratie - en ce que l'expression de la majorité est utile au plus grand nombre - est nécessaire au libéralisme.

 

Ce schéma, simple en théorie dans une économie fermée n'est-il pas utopique dans le monde globalisé vers lequel évolue le village planétaire ? Les déboires d'une société comme Alcatel conduite à l'absorption avec Lucent et la cascade de plans sociaux auxquels est aculée la nouvelle entité fusionnée ont ils d'autres causes que la concurrence internationale et notamment asiatique que l'on a longtemps appelée « dérégulation » quand elle se jouait entre l'Europe et les Etats Unis ? Quelles règles opposer aux concurrents pour préserver notre économie ? Au niveau international il n'en est pas ! Le libéralisme incite à être le plus efficace dans son domaine et c'est à la société de s'assurer que le système économique n'abandonne pas les plus faibles sur le côté.

 

Dans ce contexte, comment maintenir la cohésion sociale, fondement de l'idée de nation ? Les sociétés, comme le poisson pourrissent par la tête. Or quelle image les élites donnent-elles ? Quand elles font appel à la solidarité nationale pour renflouer les caisses d'entreprises mises à mal par la gestion hasardeuse de quelques têtes pensantes attirées par les sirènes de la haute finance internationale et, dans le même temps, quand elles octroient à des patrons âpres au gain, en récompense de leurs flamboyantes banqueroutes, des parachutes dorés dignes de l'Euromillion ? Prenez la direction d'une entreprise, mettez-la sur la paille, et partez planter vos choux avec le gros lot ! On vous nommera dans de juteux Conseils d'administration pour faire bonne mesure. On ne sait pas si on n'aura pas besoin de vous bientôt.

 

Ce mécanisme certes n'est pas général mais il est suffisamment courant pour susciter la radicalisation du mouvement ouvrier confronté à la fermeture d'usines et la désertification industrielle du pays. Quand on n'a plus rien à perdre, la stratégie de la bonbonne de gaz et des autres actions violentes devient compréhensible. Sauf que, si le dialogue social peut accepter quelques empoignades musclées, il ne peut pas supporter à long terme la violence comme argument de négociation.

 

Le 25 septembre 2008, dans son discours de Toulon, le Président de la République a mis en garde les forces sociales et en particulier les patrons au premier rang desquels les banquiers. Il a fait en sorte de convoquer un G 20 pour jeter les bases d'un libéralisme moderne et responsable. En cela il a été visionnaire et déterminé dans son action. Mais voilà, il ne sortira rien de ces grandes messes internationales si chacun d'entre nous à la place qui est la sienne, d'autant plus grande que ses responsabilités sont éminentes, nous ne prenons pas conscience que nous devons impérativement conserver une répartition équitable de la richesse produite afin que chacun ait intérêt à préserver le système dans lequel nous évoluons.

 

Ce n'est en effet pas le moindre des paradoxes de notre société post-moderne et individualiste que de faire reposer la pérennité du système sur la responsabilité individuelle de ses membres vis à vis du groupe. Vous avez dit éthique ?

 

Osomashi

Fichier joint : 29.09_discours_toulon_du_250908.pdf

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